Nouveau DPE 2027 : coefficient 1,7, ce qui change

Le calcul du diagnostic de performance énergétique bouge encore. Un projet d’arrêté, mis en consultation publique du 9 juillet au 6 août 2026, abaisse le coefficient d’énergie primaire de l’électricité de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027. Concrètement, ce nouveau DPE ferait gagner une classe à des centaines de milliers de logements chauffés à l’électricité, sans le moindre travaux. Cet article distingue donc ce qui est acté de ce qui reste au stade de projet. Surtout, il vous indique quoi faire avant décembre. Vendeurs, bailleurs, agents immobiliers, diagnostiqueurs : chacun a une décision à prendre maintenant.
nouveau DPE 2027
Sommaire :

Nouveau DPE 2027 : où en est-on précisément ?

Commençons par séparer le confirmé du probable. Cette distinction compte beaucoup. En effet, elle détermine ce que vous pouvez écrire dans une annonce ou promettre à un client sans prendre de risque juridique.

Le projet d'arrêté de juillet 2026

Le ministère de la Transition écologique a soumis à consultation un texte qui abaisse le facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire pour l’électricité. La valeur passerait donc de 1,9 à 1,7. La consultation s’est achevée le 6 août 2026. À ce jour, l’arrêté n’a toutefois pas encore paru au Journal officiel. Prudence, par conséquent : tant que la publication n’intervient pas, ce nouveau DPE reste un projet. Le dossier précédent offre néanmoins un précédent rassurant. En 2025, le gouvernement avait annoncé la mesure le 9 juillet, puis publié l’arrêté du 13 août 2025 au JO du 26 août. Le calendrier avait donc tenu, à six semaines près.

Pourquoi ce coefficient d'énergie primaire change-t-il si souvent ?

Le coefficient d’énergie primaire traduit l’énergie mobilisée pour produire et acheminer un kilowattheure jusqu’à votre logement. Historiquement, il valait 2,58. Puis 2,3 jusqu’en 2025. Depuis le 1er janvier 2026, il s’établit à 1,9, en application de l’arrêté du 13 août 2025. Cette trajectoire suit la décarbonation du mix électrique français. Autrement dit, plus l’électricité française devient propre, moins le calcul du DPE la pénalise. Le passage à 1,7 poursuit ainsi exactement la même logique.

Le coefficient de conversion en énergie primaire de l'électricité (Cep) est l'un des paramètres les plus structurants du calcul du DPE. Sa baisse successive traduit la décarbonation du mix électrique français et modifie mécaniquement l'étiquette énergétique des logements chauffés à l'électricité.

Voici l'évolution de ce coefficient au fil des réformes :

Période Coefficient Texte de référence
Jusqu'en 2021 2,58 Méthode 3CL antérieure
2021 – 2025 2,3 Réforme du DPE de 2021
Depuis le 1er janvier 2026 1,9 Arrêté du 13 août 2025
À partir du 1er janvier 2027 (projet) 1,7 Projet d'arrêté, consultation close le 6 août 2026

Quels logements gagnent une classe avec ce nouveau calcul du DPE ?

La baisse cumulée atteint 26 % entre 2,3 et 1,7. Or cette proportion suffit largement à décaler une étiquette énergétique. Voyons donc qui en profite réellement.

Les gagnants : les logements chauffés à l'électricité

Les logements équipés de radiateurs électriques, de pompes à chaleur, de planchers chauffants ou de chauffe-eau thermodynamiques bénéficient mécaniquement du changement. Prenons un exemple concret. Un studio de 35 m² chauffé à l’électricité, classé F avec l’ancien coefficient de 2,3, a déjà pu remonter en E au 1er janvier 2026. Avec 1,7, il vise désormais le D. Les petites surfaces profitent davantage de l’effet. En effet, leur consommation d’eau chaude sanitaire pèse proportionnellement plus lourd dans le calcul. Pour mémoire, l’administration estimait déjà à environ 850 000 le nombre de logements sortant du statut de passoire thermique grâce au seul passage à 1,9 en 2026.

Les inchangés : gaz, fioul et bois

En revanche, rien ne bouge pour les autres énergies. Leur coefficient de conversion reste fixé à 1. Un pavillon chauffé au fioul et classé G le restera donc au 1er janvier 2027.

Cette asymétrie explique d’ailleurs les critiques récurrentes de certaines fédérations professionnelles, qui dénoncent une distorsion entre filières. Le débat reste ouvert. Mentionnez-le donc honnêtement auprès de vos clients : votre crédibilité y gagne.

Attestation gratuite de l'ADEME : le point clé pour vos clients

Voici la meilleure nouvelle de ce nouveau DPE. Aucun propriétaire n’aura besoin de refaire son diagnostic. Le texte mis en consultation précise que les détenteurs d’un DPE valide au 1er janvier 2027 obtiendront la mise à jour sans nouvelle visite.

Comment récupérer votre nouvelle étiquette

Vous téléchargerez une attestation officielle de nouvelle étiquette, gratuitement, sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME. Munissez-vous simplement du numéro à treize caractères figurant en haut de votre diagnostic. Vous annexerez ensuite ce document au dossier de vente ou au bail. Comptez quelques minutes, pas plus.

Ce que vous ne pouvez pas encore annoncer

Attention toutefois à un point juridique sensible. Tant que l’attestation n’existe pas, vous ne pouvez pas présenter la future étiquette comme acquise dans une annonce. Un acquéreur pourrait en effet invoquer une information trompeuse si le classement annoncé influence le prix. Conservez donc systématiquement le DPE téléchargé, l’attestation le cas échéant, l’annonce, les échanges avec l’agence et le compromis. Cette rigueur documentaire vous protège efficacement en cas de litige.

Directive européenne EPBD : ce qui se prépare après 2027

Au-delà de 2027, l’Europe redessine le cadre. La directive UE 2024/1275 sur la performance énergétique des bâtiments impose progressivement une harmonisation des diagnostics entre États membres. Elle prévoit notamment une échelle A à G plus comparable, une classe A réservée aux bâtiments zéro émission, une digitalisation accrue et des recommandations de travaux enrichies. L’article 19 et l’annexe V détaillent ces exigences. Toutefois, ne confondez pas cette trajectoire européenne avec une refonte française imminente. La France a profondément revu son DPE en 2021. Or la directive ménage des délais spécifiques aux pays ayant récemment modernisé leur système. Par conséquent, aucune date française n’est arrêtée pour la transposition complète. Communiquez donc sur « des évolutions à prévoir dans les prochaines années », jamais sur une échéance ferme.

Vos actions concrètes avant le 1er janvier 2027

Passons au pratique. Voici ce que chaque profil doit anticiper face à ce nouveau DPE.

Vendeurs et bailleurs

Si votre bien est classé F ou G et chauffé à l’électricité, temporisez. Une vente signée en janvier plutôt qu’en novembre peut réellement changer la donne commerciale. Rappelons ensuite que les DPE établis depuis le 1er juillet 2021 restent valables dix ans. Vous n’avez donc rien à refaire. En location, surveillez enfin le calendrier d’interdiction de mise en location : il dépend directement de l’étiquette.

Agents immobiliers

Formez vos équipes dès la rentrée. Un vendeur qui découvre en janvier que son bien a gagné une classe vous reprochera vite de ne pas l’avoir prévenu. Intégrez ensuite la question dans vos rendez-vous d’estimation. Enfin, préparez un argumentaire écrit et daté : ce document vous protège en cas de litige sur l’information délivrée.

Diagnostiqueurs

Interrogez votre éditeur de logiciel dès septembre sur son calendrier de mise à jour et sur la validation ADEME associée. Vérifiez par ailleurs que votre certificat comporte bien le QR code introduit par l’arrêté du 16 juin 2025 et la loi du 30 juin 2025. Ce QR code permet à vos clients de contrôler votre inscription à l’annuaire officiel des diagnostiqueurs.

Conclusion

Retenons l’essentiel. Le coefficient d’énergie primaire de l’électricité devrait passer de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027, portant la baisse cumulée à 26 % depuis 2025. Les logements tout-électriques y gagneront souvent une classe, sans travaux ni nouveau diagnostic, grâce à une attestation gratuite de l’ADEME. En parallèle, la directive européenne 2024/1275 dessine une harmonisation à plus long terme, sans calendrier français arrêté. Ce nouveau DPE change donc la valeur perçue de nombreux biens dès le mois de janvier.

N’attendez pas la publication au Journal officiel pour agir. Vérifiez dès aujourd’hui l’étiquette et le mode de chauffage de votre bien, puis estimez le gain potentiel.

 

Sources : arrêté du 13 août 2025 (JO du 26 août 2025) ; consultation publique du ministère de la Transition écologique, 9 juillet – 6 août 2026 ; directive UE 2024/1275 (EPBD), article 19 et annexe V ; arrêté du 16 juin 2025 et loi du 30 juin 2025 ; Observatoire DPE-Audit de l’ADEME. Article mis à jour le 13 août 2026 par notre pôle diagnostic immobilier.

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Le nouveau DPE 2027 est-il officiel ?

Pas encore. Il s'agit d'un projet d'arrêté dont la consultation publique s'est close le 6 août 2026. La publication au Journal officiel reste attendue.

Dois-je refaire mon DPE en 2027 ?

Non. Une attestation gratuite sera téléchargeable sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME, sans nouvelle visite.

Quel coefficient s'applique aujourd'hui ?

Il vaut 1,9 depuis le 1er janvier 2026, en application de l'arrêté du 13 août 2025.

Mon logement au gaz va-t-il gagner une classe ?

Non. Le coefficient du gaz, du fioul et du bois reste fixé à 1.

Combien de temps mon DPE reste-t-il valable ?

Dix ans, pour tout diagnostic réalisé depuis le 1er juillet 2021.

Puis-je annoncer la future étiquette dans mon annonce ?

Non, tant que l'attestation officielle n'a pas été émise. Vous risqueriez une information trompeuse.

Où vérifier un DPE ?

Sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME, grâce au numéro à treize caractères figurant en haut du document.

Les petites surfaces gagnent-elles davantage ?

Oui. Leur eau chaude sanitaire pèse plus lourd dans le calcul, donc la baisse du coefficient les avantage nettement.

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